Éducation canine

Au cours des 20 dernières années à répondre aux questions de nos clients, ces derniers sont toujours stupéfaits lorsqu’on leur explique les raisons qui provoquent tel ou tel comportement chez leur animal de compagnie.

Combien de fois avons nous entendu les phrases « Ah oui » , « Je ne savais pas », « J’aurais dû y penser » etc. Très souvent, un mauvais comportement est l’expression d’un stress que le chien tente d’évacuer. C’est quelques lignes ont justement pour objectif d’identifier les mauvais comportements que peuvent adopter « les humains »pour générer du stress chez votre chien. Une fois connu, il vous appartiendra de ne pas les adopter. Mais avant, voyons qu’est-ce qu’un chien et quels sont les fondements de son comportement.

La notion de meute

Les ancêtres du chien sont les loups. Même si aujourd’hui, nos amis ont été domestiqués et humanisés, il n’en demeure pas moins qu’à la source, le chien est avant tout un être muni d’instincts. Un de ces instincts est celui de protection. À ce titre et comme pour bien d’autres animaux – le cheval entre autres – le chien sait d’instinct que l’appartenance à un groupe est un gage de survie. Même si chez l’humain, ce besoin de vivre en société existe, les règles inhérentes à une meute sont fort différentes des lois humaines.

Contrairement aux humains, il n’existe qu’un seul chef dans une meute. Ce chien aura tous les privilèges y compris celui de déléguer certains pouvoirs aux subalternes. Il a le privilège de se reproduire, de manger en premier, de choisir les lieux de repos et les endroits stratégiques. Toute transgression à ces règles par les subalternes sera sévèrement punie. Bien sûr, plusieurs niveaux de punition se feront sentir : corps tendu, grondement, aboiement, petite morsure et enfin l’attaque rarement meurtrière (en passant, les chiens n’utilisent pas de colliers étrangleurs entre eux !!!). Une chose est sûr, le message sera clair et ne laissera aucun doute quant aux intentions du chef.

Qu’on veuille ou non les respecter, ces règles de conduite dans la meute est le seul langage connu du chien, d’où l’importance d’apprendre à parler chien si nous voulons que notre relation avec lui soit des plus harmonieuse possible.

Qu’est-ce qu’un bon chef ?

C’est une personne qui avant tout, ne « perdra pas les pédales ». Il sera toujours en contrôle de lui-même, particulièrement moments où le chien fera des actions répréhensibles.

Plus particulièrement:

Un bon chef est une personne

Voici quelques exemples de ce qu’il faut faire et ne pas faire pour devenir un bon chef de meute.

Ce qu’il faut faire

Ce qu’il ne faut pas faire

Anthropomorphisme

Les humains attribuent, à tord, des comportements aux animaux en utilisant des sentiments humains car la majorité d’entre nous sont incapables de comprendre les vrais raisons de leurs comportements. L’erreur la plus fréquente est la jalousie.

Votre chien s’interpose entre vous lorsque vous tentez d’embrasser votre conjoint ? Votre chien vous empêche de vous occuper d’une autre personne ou d’un autre animal ? En s’y arrêtant un peu, il est facile de comprendre qu’un chien est incapable de ce sentiment si complexe qu’est la jalousie.

Dans le premier exemple, le fait de s’interposer entre deux belligérants (deux chiens – ou humains – se faisant face est interprété par le chien comme une situation de conflit en réponse de laquelle le chien effectue un signal calmant consistant à s’interposer entre les deux adversaires. (Voir Calming signals de Turrid Ruggass).

Dans le second cas, votre chien vous indique qu’il est le leader et qu’à ce titre, il mérite les premières attentions. Si tel est le cas, vous devrez rétablir ce rang social sous peine de problèmes ultérieurs.

Comment se comporter en leader ?

Le chien leader d’une meute est celui qui contrôle les ressources. Ce leader décidera quand est venu le temps d’aller chasser. Il prendra soin de se nourrir en premier, en obligeant les autres à le regarder faire. Il sera le seul à se reproduire et tous les autres seront sévèrement punis de toute tentative à cet effet. Comme dans les courses de chiens de traîneau, le leader sera le premier en avant des autres. Finalement dans le terrier, le leader sera le seul à occuper l’espace le plus élevé.

Les plus anciennes observations de la relation entre l’homme et le chien montrent ce dernier, rôder autour de l’humain, en quête de nourriture. Encore aujourd’hui, on voit des reportages présentant des chiens en train de flâner dans les dépotoirs pour manger. Laissé au naturel, c’est autour de la nourriture que sera orienté la vie du chien. En terme de leadership, la nourriture, c’est le pouvoir !

Pour être un bon leader, vous devrez « contrôler » les ressources, en commençant par la nourriture. C’est pour cette raison qu’il est primordial de ne pas laisser de la nourriture en permanence au chien. Il faut donc contrôler l’accès à cette nourriture en nourrissant votre chien deux fois par jour. Dès que vous préparerez le plat de votre toutou, votre chien reconnaîtra le son de cette routine et se précipitera à votre rencontre. Ce sera l’occasion pour vous de vous assurer que votre chien mérite sa nourriture. Vous donnerez alors un commandement au chien (ex. Fido, assis). Dès son exécution, il sera récompensé par son plat de nourriture.

Même si cet exemple peut sembler banal, il est le fondement du leadership envers votre chien. Vous venez d’indiquer à votre chien que la nourriture n’est pas « gratuite » et qu’il doit vous écouter pour y avoir accès. Voilà la règle d’or !

Espaces élevés

Tant que votre leadership n’est pas établi, il n’est pas souhaitable de laisser votre chien monter dans votre lit ou sur votre divan. En faisant de la sorte, vous indiquez à votre animal qu’il possède le même niveau hiérarchique que vous. Lorsque votre chien répondra à vos commandements, en tant que leader, vous pourrez l’autoriser à occuper ces espaces privilégiés.

Premier rang dans la meute

On voit très souvent des chiens tirer sur la laisse de leur maître. Ce geste indique que le chien est le leader car il vous devance, car il est le premier en avant. Si tel est le cas, tournez dans la direction opposée à votre chien. Il se retrouvera donc derrière vous. Si le chien récidive, on lui dira un non ferme et s’il n’obtempère pas, vous pourrez décider de terminer votre petite marche dès cet instant. En commençant ce petit jeu très tôt, il chiot comprendra que s’il désire prendre une marche, il aura intérêt à respecter vos règles. Par contre, dès que le chien ne tire plus sur sa laisse, il est temps de le récompenser. Au début, cette récompense devra être de choix (poulet, fromage) pour bien imprégner le chien du plaisir à avoir à suivre vos commandements. Par la suite, une caresse sera suffisante. L’ignorance est ici votre pire ennemi. La majorité des maîtres ne récompenseront pas un bon comportement mais ne se gêneront pas à punir les mauvais. Si vous voulez que votre chien agisse correctement, agissez correctement et félicitez-le dès que cela se produit.

Passage des seuils de porte

Une autre ressource consiste à contrôler les sorties de la maison. Le leader est celui qui ouvre le chemin à la meute. Lorsque vous décidez de sortir de la maison, placez votre chien en position assis-reste. Sortez de la maison et appelez votre chien. Si le chien n’écoute pas le commandement, fermez la porte et recommencez la routine en position assis-reste. Cet élément peut sembler banal, mais devient une permission supplémentaire pour un chien qui n’est pas encore éduqué. Une fois que l’éducation de votre chiot sera bien en place, vous pourrez lui permettre de vous devancer, sans perdre votre rang hiérarchique.

Droit de reproduction

Seul le chien leader a le droit de se reproduire. Compte tenu qu’à La Maison Delassie, nous vendons presque exclusivement des chiens de compagnie, nous recommandons fortement de faire stériliser votre animal. La notion de meute est passablement différente en présence d’un chien de reproduction. Un chien non castré n’aura aucun intérêt à vous écouter et vous risquez d’avoir de nombreux problèmes à vous faire obéir

Plusieurs bons livres existent sur l’éducation du chien. Celui de Jan Fennell « Les chiens nous parlent » a particulièrement attiré notre attention à cause de la similitude existant entre l’approche de l’auteur avec la nôtre. C’est un bon complément d’information à tout ce que vous pourrez lire sur ce site.

Éduquer avant d’humaniser

Une des raisons les plus fréquentes pour acquérir un chien est de pouvoir l’aimer et le dorloter. Soit ! Le chien est fort capable d’être l’être le plus gentil qui soit…à condition qu’il ait été éduqué en premier. Un chien est capable de chasser, flairer, rapporter, garder, surveiller, rassembler, mais il n’a aucune idée comment se comporter pour être humain !

C’est pour cette raison que les marques d’affection que l’on prodigue sont perçues comme des gestes de soumission de notre part, lui ouvrant ainsi toute grande la porte à devenir le leader.

Si vous exigez que votre chien apprenne le langage des humains, il est tout à fait logique qu’en temps qu’humain, vous appreniez le langage du chien en premier.

En enseignant à votre chien ce qui est permis et ce qui ne l’est pas dans une meute d’humains, il saura ainsi comment se comporter en groupe, aura plus confiance en lui, sera plus équilibré et comprendra vraiment le sens de vos marques d’affection.

L’importance de la socialisation

On appelle période de socialisation, la période pendant laquelle le chien constitue sa meute. Elle s’étend jusqu’à l’âge de 12 à 14 semaines. Après cette période et pour des raisons de survie, tout nouvel « arrivant » sera considéré comme un prédateur.

La socialisation consiste donc à faire connaître à votre chiot tous les stimuli avec lesquels il aura à vivre tout au long de sa vie. On appelle stimuli, les personnes, animaux, accessoires, lieux, objets et bruits qui feront partie du quotidien de votre animal.

Attention, car faire rencontrer une personne à votre chien ne veut pas dire qu’il sera confortable avec toutes les personnes. À titre d’exemple, les personnes grandes ou petites, jeunes ou âgées, handicapées et de diverses nationalités seront toutes différentes pour lui.

De la même manière, un chat blanc, noir, himalayen, siamois ou de gouttières seront tous des animaux différents avec lesquels il devra être mis en contact. Voici une liste sommaire des stimuli courants auxquels un chien devrait être socialisé :

Il est à noter qu’à l’âge d’environ 10 ou 11 mois, le chien qui a été correctement socialisé aura tendance à régresser. La seconde socialisation qui devra être faite sera heureusement beaucoup plus rapide que la première car le chien se souviendra immédiatement qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur.